vendredi 30 janvier 2015

Le lien du vendredi #4 - Zviane et son ping-pong

Chère Laurence,

Merci beaucoup pour ton article d'hier sur ton plan culturel, je l'ai trouvé passionnant. Si passionnant que j'y répondrais certainement point par point dans un prochain article, quand j'aurais eu le temps de bien y réfléchir.

En attendant, aujourd'hui, je voulais te parler de Zviane. Je ne sais pas si tu la connais, mais elle est au panthéon de mes dessinatrices préférées et son blog est un délice. En plus, elle est québécoise et on entend tellement bien son accent quand on la lit ! (Is it just me?)

Elle vient de publier un livre intitulé "Ping-Pong", qui est tiré d'une série d'articles publiés depuis 2011. Je n'ai pas encore pu me l'offrir (mais je le ferais dès que possible), alors en attendant que je puisse te prêter un exemplaire papier, je t'encourage à aller jeter un œil à ses billets en ligne.

Elle y parle de la créativité, sous toutes ces coutures. Du fais de se rendre compte au fur et à mesure qu'on apprends qu'on en sait en fait encore moins que ce qu'on pensais. Des liens entre différentes disciplines...
Je te connais, je sais que tu vas a-do-rer. Par contre, je te préviens, c'est assez long. Ça devrait te tenir un moment.

Comme je suis sympa, je te mets les liens vers toute la série d'articles ci-dessous, et dans l'ordre !

  1. Se déspécialiser encore plus
  2. Du macrocosme et des pizzas
  3. Un dernier mot sur les pizzas
  4. Ping-Pong!
  5. Ping-Pong - 1. Intro
  6. Ping-Pong - 2.1 Nommer les choses (1/2)
  7. Ping-Pong - 2.1 Nommer les choses (2/2)
  8. Ping-Pong - 2.2 Jaune n'est pas jaune
  9. Ping-Pong - 2.3 Mal nommer? (1/2)
  10. Ping-Pong - 2.3 Mal nommer? (2/2)
  11. Ping-Pong - 2.4 Pratique (1/2)
  12. Ping-Pong - 2.4 Pratique (2/2)
  13. Ping-Pong - 3.1 Règles
  14. Ping-Pong - 3.2 Bong goût
  15. Ping-Pong - 3.3 Modèles esthétiques
  16. Ping-Pong - 3.4 Habitudes
  17. Ping-Pong - 3.5 Désapprendre (1/3)
  18. Ping-Pong - 3.5 Désapprendre (2/3)
  19. Ping-Pong - 3.5 Désapprendre (3/3)
  20. Ping-Pong - 3.6 Croiser les choses 
  21. Ping-Pong - 4.1 Ignorance 
  22. Ping-Pong - 4.2 Adaptation 
  23. Ping-Pong - Conclusion 
Alors qu'en dis-tu ? Es-tu tombée en amour comme moi ?

- Aurélie

jeudi 29 janvier 2015

A l'abordage ! Un plan culturel musclé pour 2015

Hello, Sweetie !
(comme le dirait une certaine grande rousse)

Well, j'ai été bien bavarde ces derniers jours, mais je te laisse la parole dès demain, c'est promis !
Ces jours-ci, ta Black Reading List et la Reading list signalée sur le blog vagabondages m'ont inspiré quelques réflexions, et j'en ai tiré le texte qui suit, et la check list associée.

Ce thème, « nourrir sa culture générale », « aiguiser sa curiosité intellectuelle », est un thème central pour moi, et qui peut être élargi à la société toute entière.
Nous sommes d'accord, ce qui fait un adulte mature intellectuellement, un citoyen en possession de tous ses outils de jugement, c'est sa culture générale, les sources auxquelles il s'abreuve pour juger le monde.
La "culture gé", ce n'est pas qu'un élément discriminant pour impressionner ses amis ou s'occuper cinq minutes. C'est ce qui permet recul intellectuel et jonglage conceptuel, ce qui permet de se positionner dans la marche du monde.

Dans l'idéal, toi et moi sommes d'accord, tout le monde devrait avoir la possibilité de parvenir à cet épanouissement intellectuel.

Mais ce n'est pas le cas, et ce qui me chagrine régulièrement, c'est que bien souvent, nous autres « médiateurs culturels » nous arrêtons au produit d'appel : la lecture-plaisir, les activités culturelles les plus populaires, en se disant, c'est un bon début.
Il me semble pourtant que c'est insuffisant.
Un adulte doit être aidé pour parvenir à une réelle habileté à jongler entre les différents formats, supports et sources qui contiennent de l'information, être capable de repérer la qualité des sources…
Il faut souhaiter que tous puissent synthétiser le contenu d'un ouvrage théorique aussi bien qu'assister à un concert ou lire une bande dessinée, en bref que nous encouragions notre public à être indépendant dans ses pratiques culturelles et à même de se dessiner lui-même un parcours intellectuel du plus ambitieux au plus léger.

Et ce n'est que la partie immergée de l'iceberg, parce qu'outre quelques privilégiés, nous-même n'en sommes parfois pas capables, de cette parfaite maîtrise culturelle.

Dans mon cas, je sais que malgré une pas mauvaise culture générale globale, une maîtrise professionnelle de Métiers du Livre et de bonnes aires de spécialités culturelles, dans lesquelles je ne dépare pas au Trivial Pursuit, je me sens régulièrement comme le bonhomme de biscuit décrit par Aravind Adiga dans Le Tigre blanc (il faut le lire, ce livre, c'est une source de réflexion nourrissante sur le sujet) : certains hommes, "cuits" par la bonne éducation de leur esprit, sont plus hommes que d'autres, destinés à rester incomplets, ne sachant pas penser, et par là ne sachant pas être dans un monde dont ils n'ont pas les clés de compréhension (et Adiga va bien plus loin dans ce livre en constatant que ce sont ces gens "incomplets" selon son personnage principal, qui décident de la marche du monde, et qui en constituent la génération montante).

Finalement, que l'on joue à Bourdieu, que l'on déplore la perte de niveau éducatif ou mon manque de réélle formation intellectuelle, le résultat est le même : je suis infichue de la souplesse conceptuelle dont fait preuve un adulte cultivé. Trop de concept mal assimilés, d'aires négligées : je suis un assemblement de branchages sans tronc.
En d'autres mots, c'est le bordel, je suis un mi-cuit.
Bien sûr, je refuse d'en rester là, je veux rattraper ce que j'ai pu manquer pendant ces années où le manque de perspective ne me permettait pas de comprendre mes lacunes. Avant de souhaiter que tous aient cette même aisance intellectuelle dont on parlait plus haut, il faut déjà que je la fabrique pour moi.
Pour cela, je veux me contraindre à plus de curiosité intellectuelle, en abordant en 2015 des rivages culturels plus ambitieux, moins confortables.

J'ai donc établi cette check-list, à cocher chaque fois que je réalise l'un des éléments mentionnés. Il n'y a pas de chiffres, parce que l'objectif est "au moins 1 dans l'année."

Les Livres
□ livre de la sélection du mois du Monde diplomatique
□ essai de la sélection de la revue Sciences Humaines
□ livre d'archéologie
□ livre d'économie
□ livre de philosophie
□ livre de sociologie
□ Que sais-je ?
□ des BD primées à Angoulême
□ manga
□ catalogue d'exposition
livre de pratique artistique ou de DIY
biographie d'un personnage qui a compté dans l'histoire


Les revues et autres média
□ fanzine
□ revue artistique
□ revue musicale
□ revue littéraire
□ revue de vulgarisation scientifique
□ journal d'information


Cinéma
□ film asiatique
□ film d'avant 1970
□ film de la "nouvelle vague"
□ film oriental
□ film italien
□ film espagnol
□ documentaire


Musique
□ album classique (+ un panel de critiques se rapportant à chaque album écouté)
□ album de musique traditionnelle (je pense que ce sera indien)
□ album de jazz


Activités
□ conférence
□ film à la Cinémathèque
□ café-philo
□ pièce de théâtre
□ portrait (challenge personnel)
□ visite d'une ville inconnue
□ émission de radio ou Podcast culturel


Et, bien sûr, des articles de blog, pour intégrer tout ça !
C'est bien sûr mon planning Parisien, mais toi, qu'as-tu prévu à Londres ?

mercredi 28 janvier 2015

Women are Awesome #1 En moto avec Elspeth Beard

Ma chère Aurélie,

On s'était dit qu'il était bon de le rappeler : dans l'histoire du monde, à toutes les époques, tout le temps, on trouve des femmes cool et inspirantes, sur lesquelles on rêve de prendre de modèle.
Et que de ces héroïnes souvent ignorées, on parle trop peu souvent.
Une fois par mois, dans cette section du blog, on parlera donc d'une fille qu'on admire.

Et aujourd'hui, on parle d'Elspeth Beard, la motarde.


Au début des années 80, Elspeth Beard finissait des études d'architecture tout en travaillant dans un bar. On aurait pu croire au début d'une petite vie bien tranquille, n'étant ce virus de la moto, qu'elle avait depuis ses 16 ans, et qui l'a conduite à 24 ans à utiliser ses économies pour s'acheter une BMW et à s'organiser un tour du monde en moto.
Elle était la première femme à oser un tel voyage, presque sans argent (elle s'arrêtait régulièrement pour travailler dans les divers pays traversés, afin de poursuivre sa route).
A son départ, c'était une jeune anglaise de 65 kilos, en pleine santé, et animée par un vif désir de découverte : elle a traversé les Etats-Unis, l'Australie, la Thaïlande, l'Inde, l'Himalaya, la Turquie (alors dans une pesante ambiance post-révolutionnaire), et est revenue par l'Europe Centrale. Deux accidents, une sévère dysenterie et une hépatite ne l'ont pas arrêtée.


Elspeth était également une mécanicienne de talent : à force de réparations, faites toute seule, après chaque accident, elle aura quasiment reconstruit sa moto, et lui aura ajouté les grandes malles métalliques que l'on voit au-dessus.
A son retour à Londres, elle pesait 41 kilos, avait parcouru 88 000 kilomètres, et était partie 3 ans.
Bien qu'elle soit devenue architecte, aie élevé une famille, et connu une vie plus tranquille par la suite, elle continue à voyager en moto.
Sa BMW des années 80 est en pleine forme.

mardi 27 janvier 2015

Le lien du mardi #4 : en amour avec du papier peint

Ma chère Aurélie,
tu connais déjà mes maintes perversions esthétiques et mon amour des motifs répétés à l'infini.

Le papier peint est donc pour moi une source de fascination assez naturelle, qu'il soit moderne, du XVIIIe, psychédélique... Mais là, au détour d'une page, j'ai découvert la maîtresse du papier peint, ma muse, mon héroïne.

Il s'agit de Marthe Armitage, elle crée des papiers peints à l'aide de grands blocs de linos amoureusement gravés, c'est graphique, c'est beau (et tu les as peut-être vus dans le film fantastique La Dame en Noir, avec Daniel Radcliffe).




Je t'envoie vers le lien commercial, pour que tu admires ces splendeurs, mais va également visiter le site suivant, ainsi que cette vidéo où tu auras la chance d'entrevoir le processus de création de cette charmante artiste, parvenue à la célébrité vers ses 70 ans.

Bonne journée :-)
PS : La dame étant Britannique, si tu as une opportunité un jour de visiter son atelier ou d'assister à une conférence, saute sur l'occasion !

lundi 26 janvier 2015

La garde-robe "capsule"

Chère Laurence,

Aujourd'hui, je voudrais te parler du concept de garde-robe capsule. L'idée, c'est de n'avoir qu'un nombre de vêtements limité qu'on va utiliser en boucle pendant une période donnée (le plus souvent, une saison, soit trois mois). C'est souvent présenté comme un moyen de faire des économies et d'échapper aux démons de la surconsommation.
Je suis tombée sur l'idée cet hiver et j'ai commencé à écumer le net pour en savoir plus... J'ai rencontré deux tendances principales : d'une part, tu as les filles qui sont fières de dire qu'elles n'ont dépensé "que $1000" pour constituer leur capsule de la saison (no comment). D'autres part, tu as celles qui constituent leur capsule uniquement à partir de vêtements qu'elles avaient déjà dans leur garde-robe, dans une optique minimaliste.

C'est dans cette deuxième catégorie que tombe le "Project 333" qui propose de ne garder que 33 vêtements et accessoires pour 3 mois. J'ai lu les explications avec avidité et je voudrais te raconter comment ça marche.

Le tri

La première étape demande de faire le tri dans ta garde-robe. On sort tout et on ne remet dans l'armoire que ce qui est :

  • De saison ; 
  • À ta taille ;
  • En bon état ;
  • Et, en bref, qui te va vraiment bien.
Au final, ça veut dire que tu ne vas garder à portée de main que des choses qui sont vraiment mettables et, donc, que tu vas avoir du plaisir à mettre tous les jours. Et ça, c'est un concept que j'adore. Parce que, bizarrement, ça ne m'arrive pas si souvent de n'avoir sur le dos que des fringues que j'aime et qui me flattent. Et ça me paraît être un objectif tout à fait admirable.

Le reste tu jettes, tu donnes ou tu ranges dans un carton sous ton lit. Enfin, à vrai dire, je crois que j'ai bien cinq (petits) cartons sous mon lit maintenant...
Dans ce qui reste, tu choisis les 33 pièces qui vont constituer ta garde-robe d'hiver.

Le problème

Personnellement, c'est là qu'il m'a fallu dévier du projet. Pour t'expliquer, laisse-moi faire le compte. Une fois que j'aie eu enlevé toutes les fringues d'été, de demi-saison, trop petites, trouées, qui grattent, déformées par le lavage, etc. il m'est resté :
  • Deux jeans dont la durée de vie promet d'être assez courte ;
  • Une jupe ;
  • 7 pulls et robe-pulls ;
  • 3 t-shirts à manches longues ;
  • Une bonne douzaine d'écharpes ;
  • 0 manteaux ;
  • Deux paires de chaussures à talons ;
  • 0 paires de chaussures plates fermées.
Tu le vois mon problème ?


Le truc, c'est que jusque-là, il était un peu difficile à identifier au milieu du bordel qui régnait dans mon armoire et dans toutes ces fringues vaguement "mettables" mais pas vraiment top.
Par exemples, suivant les principes du projet 333, je n'ai pas de chaussures plates à me mettre. Dans les faits, il m'en reste deux paires : une paire de baskets trouées que je ne peux pas mettre quand il pleut sous peine de finir absolument trempée (bien pratique à Londres...), et une paire de chaussures fermées dont la semelle intérieure s'est irrémédiablement plissée et qui me fait des ampoules. Je crois qu'on peut dire qu'il est temps de les mettre à la poubelle et de passer à autre chose...

Le shopping

Du coup, ça tombe bien que j'ai commencé le projet en janvier : c'est la période des soldes (à Londres aussi !). Armée de mon mini-budget (£100... On est loin des $1000 que j'avais pu croiser sur Internet !), je suis allée parer au plus pressé : un pantalon gris, plusieurs t-shirts à manche longues, une paire de chaussures. Et surtout, en guise de manteau (en attendant que ma soeur finisse de coudre celui qui est en cours)... une super cape d'hiver. Je peux me prendre pour Hermione Granger maintenant !

Ma super cape Betty Jackson Black ! Elle est en soldes et elle est là.

Et comme l'idée c'est que désormais je ne mets plus que des choses belles et qui tiennent plus de deux lavages, je me suis fait violence et je n'ai pas acheté du premier prix. Je dis violence, vraiment, parce que ça me fait vraiment mal de mettre plus de cinq euros dans un t-shirt.
Je me suis toujours dit "j'achète pas cher, même si ça tient pas longtemps, parce que comme ça je peux renouveler plus souvent", mais je m'aperçois de plus en plus que c'est une erreur : mes fringues pourries meurent plus vite que la vitesse à laquelle je peux les renouveler.
Du coup, je vais à Debenham et j'achète des choses dont j'espère qu'elle me tiendront plus d'une saison (ô, miracle !).

Les 33

De retour à la maison, c'est l'heure du comptage officiel. Pour l'occasion, j'ai changé mes fringues de placard, histoire de tout regrouper dans un même endroit. Et puisque les trois-quarts de mes habits sont stockés sous mon lit, j'ai désormais plus de places pour mes piles de bouquins !

Si tu te souviens bien, l'idée avec le projet 333 c'est de n'avoir que 33 vêtement et accessoires pour 3 mois. C'est censé contenir aussi bien les habits, les chaussures, les manteaux, et les bijoux.
Mais il y a des exceptions. On ne compte pas, tout ce que le monde extérieur ne voit pas :

  • Les sous-vêtements ;
  • Les vêtemets de nuit ;
  • Les vêtements de sport.
J'ai choisi de ne pas compter les ceintures pourries qui empêchent mes jeans de tomber mais que personne ne voit jamais, cachées sous mes pulls. Ni les débardeurs et collants que je mets en "sous-couche" quand il fait froid.
Et je ne compte pas non plus ma collection de boucles d'oreilles et mes quelques bracelets car je n'ai pas envie de me limiter là-dessus maintenant. On verra peut-être plus tard.

Je suis restée un moment devant mon armoire à me demander ce que j'allais vraiment mettre pendant ces trois mois d'hiver. Qu'enlever ? Que garder ? Jusque-là, j'avais gardé quelques chemises manches trois-quart et deux t-shirts à manches courtes mais j'ai fini par les ranger sous le lit car ça pèle bien trop pour ne serait-ce qu'imaginer de n'avoir pas de manches longues, même à l'intérieur.
J'ai gardé une robe pour les soirées mais ça fait presque un mois qu'elle hante mon armoire et je ne l'ai toujours pas mise parce que 1/ il fait trop froid pour être en robe ! 2/ je n'ai pas de gilet suffisamment chaud pour mettre avec. Mais je l'aime bien alors je continue d'hésiter.

C'est vain, mais je sais que tu apprécieras : mon armoire minimaliste !


Quoiqu'il en soit, mon décompte est toujours en-dessous des trente-trois permis (29 !), mais qu'importe ! Comme ça, j'ai un peu de place en cas de nouvelles acquisitions. Par exemple, il faut vraiment que je m'achète encore d'autres t-shirts à manches longues car je n'en ai vraiment pas assez...

Je ne sais pas si mon armoire restera vraiment telle quelle jusque fin mars. Si le temps change radicalement, je procèderais peut-être à une réévaluation avant la fin du temps imparti. Mais... je te tiendrais au courant !

Que dis-tu de cette idée de "capsule" ? Est-ce que ça te tente ?

- Aurélie


vendredi 23 janvier 2015

Le lien du vendredi #3 : La maison qui pleurait

Chère Laurence,

Merci de m'avoir fait découvrir les merveilles du Jealous Curator et renseignée sur le Mountain Top Removal. Je regarderais le documentaire que tu recommandes ce week-end, en tricotant. Je suis dans une phase de tricot et donc de streaming intensif (Orange is the New Black est mon nouveau favori, quinze ans après tout le monde...).

Aujourd'hui, le lien que je te propose sera une lecture suivie pour les mois à venir. Mon éditeur, Jean-Basile Boutak, vient de poster le premier chapitre d'un récit autobiographique, La Maison qui pleurait. Il compte le publier en ligne au fur et à mesure de son écriture.

Il y raconte un épisode traumatique. Une avant-veille de rentrée scolaire, dans son petit village du massif central, il a été réveillé par une odeur inhabituelle et des cris venus de la rue : sa maison brûlait.

Ce premier chapitre de quatre pages se lit très vite et j'ai hâte d'en connaître la suite.
Tu noteras aussi que Les Éventrées y sont mentionnées, pour parler des relations particulières qui se nouent entre les habitants d'un petit village tel que le sien.

Ma nouvelle se passe effectivement dans un petit village. Mais, lorsque je l'ai écrite, l'idée que cette localisation ait un sens particulier était bien loin de moi : j'essayais juste désespérément de raconter l'histoire de Martha (et de m'amuser avec le mythe de Jack the ripper, bien sûr). Du coup, j'ai été très touchée quand Jean-Basile a mentionné dans sa post-face que c'est une chose qu'il y avait trouvé. Et je comprends aujourd'hui un peu mieux pourquoi c'est le cas.

Je suppose que c'est un sentiment étrange que doivent connaître biens des auteurs : nos lecteurs voient dans nos histoires des choses que nous n'avions pas eu conscience d'y mettre. C'est émouvant, et ça m'emplit d'humilité. Ça prouve que le lecteur a autant de pouvoir que l'auteur dans le processus qui donne vie à une histoire...

Je te laisse sur ces considérations et je te souhaite une bonne lecture et un bon week-end !

- Aurélie


jeudi 22 janvier 2015

On arrête tout : on est en train de polluer, là, tout de suite

Ma chère Aurélie,

Me revoilà toute fraîche après ce grand épisode de 24 qu'était ma semaine dernière, et me revoilà surtout consternée.
Parce que j'ai pris conscience d'un truc.
Le cloud qui économise de la pollution générée par le papier, le cloud c'est très bien, tout propre tout moderne et vachement pratique, mangez-en, et bien... c'est une vaste blague.

Tu te rappelles 1995-2000 et les "soyez responsables, réfléchissez d'imprimer cet e-mail" ?
A l'époque, on se disait que l'ordinateur représentait une alternative crédible à la pollution en permettant de sauver des arbres. On a donc dans l'allégresse remplacé nos longues lettres par des mails, nos factures par des documents numériques, et stocké nos photos sur des serveurs.

Aaaah, on avait l'impression d'entendre la nature respirer.
Le virtuel, ça n'existe pas vraiment, et c'est si propre.

Pourquoi ce fichu Cloud est-il une machine à polluer ?
A ce stade, il est temps de se rappeler de ce bon Lavoisier : "Rien ne se crée, tout se transforme."

D'abord, le numérique coûte de l'électricité, beaucoup d'électricité.
Et nos documents chéris, ceux qu'on utilise chaque jour, mais aussi nos blogs qu'on a créé en terminale, le fichier spam de notre boîte mail abandonnée il y a 5 ans, ne dorment pas comme la Belle au bois dormant d'un sommeil paisible sans embêter personne.
Par le biais du serveur qui les héberge, ils continuent à polluer.

Un exemple horrible ?
Est-ce que tu as déjà entendu parler du "Mountain top removal" ?
C'est ce que nos petits amis des grandes entreprises numériques utilisent comme méthode d'extraction du charbon (car oui, c'est bien le charbon qui dans la majeure partie des cas, alimente les serveurs des très grosses entreprises stars du cloud). Il leur faut du charbon cheap, et c'est la méthode la plus rapide d'en avoir.
Et de tout détruire sur leur passage, puisqu'il s'agit de raser des montagnes (par exemple les célèbres Appalaches), en ruinant faune, flore, eaux et sous-sols (mais en récupérant un charbon pas cher).
Tu peux en savoir plus en regardant ce documentaire :

Mais alors, que faire ?
Déjà, vider régulièrement sa boîte mail. Eviter les newsletter qui vont encombrer inutilement nos boîtes.
Penser à supprimer ce vieux blog de 2005, ces boîtes mails qu'on ne consulte plus jamais...
Faire un peu comme s'il s'agissait de papier : ce n'est pas parce que l'on ne le voit pas qu'on ne pollue pas.

Ensuite, signer la pétition de Greenpeace qui demande aux grands dirigeants d'entreprises basées sur le cloud, d'utiliser des énergies plus vertes : http://www.greenpeace.org/france/fr/clean-our-cloud/

Bien sûr, c'est une solution minuscule.
Espérons de tout coeur qu'un tel gaspillage sera solutionné un jour, et, en attendant, tâchons d'être responsables dans notre consommation.

PS : il faudrait aussi parler du coût de fabrication d'un ordinateur, tiens...