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lundi 30 mars 2015

De l'art de faire sa valise

Chère Laurence,

À l'heure où tu lis ces mots, je suis probablement en train de mener la belle vie dans les rues de New York.
À l'heure où je les écris, par contre, je suis sur le point de mettre la touche finale à ma valise.

Pour moi, faire sa valise, ça fait intégralement partie des vacances. J'adore ça. Oui, je sais, je dois sûrement être la seule...
Mais le truc, c'est qu'on se projette déjà dans l'univers de nos vacances, et tout le plaisir est dans l'anticipation.

On n'oublie rien, de rien...

On va faire rentrer tout ça dans un bagage en soute et un bagage à main...
En préparation à mes valises, je fais parfois des listes, surtout pour les trucs que j'ai peur d'oublier parce qu'ils ne sont pas forcément posés en évidence (c'est à dire : le passeport, le chargeur du téléphone, mon carnet de voyage, mes chaussures de sport...) mais, en règle général, je gère désormais suffisamment bien pour m'en passer.
Histoire d'être efficace et de ne rien oublier, je fais tout simplement le tour de ma chambre (et de la salle de bain), et j'empile les choses à emmener sur mon lit. Rien de plus facile.
Je compte le nombre de types de vêtements à emmener (pour les culottes et les chaussettes, la formule n = nombre de jours passés sur place x 1,2 - arrondit à l'entier supérieur - ne m'a jamais fait défaut), et c'est parti.

L'empaquetage

Mission accomplie !
Le truc bien avec ma technique de tout mettre sur le lit d'abord, c'est qu'ensuite on peut empaqueter ra-tio-nel-le-ment. Quiconque a jamais joué à tetris peut faire rentrer ses affaires dans sa valise. Mais c'est plus pratique si on sait à l'avances quelles sont les briques qui vont tomber.
Du coup, on met les gros trucs encombrants au fond, on rempli les trous avec des petits vêtements et on fini par les items qui doivent être bien à plat (comme les jeans et les chemises) sur le dessus. Fastoche !

Le bagage à main

Le contenu de mon sac à main
Le secret du bagage à main, c'est de l'empaqueter comme si on partait en week-end. J'y mets a minima des vêtements pour deux jours et mon pyjama. Comme ça, si ton bagage en soute s'égare, tu n'as pas à passer ton temps à l'attendre dans tes habits de la veille... 

Pour mon sac à main, je garde le strict nécessaire (d'ailleurs, pour ce voyage-ci, je prends mon petit sac à main bleu pour être sûre de ne pas me laisser emporter à l'idée de prendre trois bouquins de plus...).
Dans l'image ci-dessus, tu peux voir que j'emporte :
  • De la lecture (bien entendu !)
  • Mon carnet et des stylos
  • Téléphone, écouteurs et chargeur
  • Passeport et portefeuille
  • Mon étui à lunette avec de quoi enlever mes lentilles au cas où
Gros fail par contre : j'ai oublié d'acheter un adaptateur pour les prises US... Il ne faut pas que j'oublie d'en prendre un à l'aéroport !

Pour les habits, j'essaie de mettre les plus confortables que je possède (mais qui soient portables en public), en particulier si c'est pour un vol de nuit. En plus, j'ai toujours une longue écharpe qui peut me servir de coussin ou de plaid au besoin.

Voilà, je t'ai tout raconté !
Je ne sais pas si j'aurais le temps de t'écrire plus avant pendant les deux prochaines semaines, mais j'essaierais de te donner des nouvelles très vites !

- Aurélie

mardi 10 février 2015

Le lien du mardi : exploration urbaine avec The Bohemian Blog

Chère Aurélie,
Merci pour ce bel article d'hier, en effet, rien n'est plus efficace que de pratiquer régulièrement la langue que l'on apprend. Pour ma part, j'aime particulièrement parcourir les journaux d'un pays que je visite, hanter ses librairies et avoir un aperçu de son état d'esprit. D'où l'intérêt d'apprendre de nouvelles langues, n'est-ce pas ?

Quoiqu'il en soit, nous sommes mardi, et je te propose du voyage. Il y a bien longtemps que je n'ai été lire un article du passionnant Darmon Richter, et je t'invite à la faire aussi.
Les blogs d'exploration urbaine et de curiosités étranges nous emmènent ailleurs par le biais de belles photos et de lieux fantastiques, souvent avec talent, mais The Bohemian Blog est à mon sens, le vainqueur inégalé de cette catégorie.



Parce que tout d'abord, Darmon Richter a une vaste culture générale, et le souci d'écrire un bon article.
Il se renseigne avant de choisir une destination, et nourrit donc ses articles d'informations sur le contexte général du lieu visité (histoire, situation dans la région...)

Ses destinations témoignent de la même intelligence, et brillent par leur originalité : d'une usine abandonnée à Londres, en passant par un parc des Enfers asiatiques, une ville moderne à peine construite et déjà abandonnée, une usine nucléaire cubaine... Ses choix ont un sens, et souvent de l'impact sur le lecteur.

Enfin, notre journaliste-aventurier ne recule devant rien, et se met régulièrement en danger. Il raconte avec verve des garde à vue avec le KGB, des escalades sur buildings à l'autre bout du monde ou de lointaines errances dans des conduits souterrains, donnant à son écriture un ton d'urgence fascinant, et laissant le lecteur frissonant devant tant d'inconscience (et extrêmement admiratif, bien évidemment).

 J'ajouterais que c'est aussi l'occasion de voir de fort belles photos, et tu comprendras pourquoi je visite régulièrement The Bohemian Blog, le temps d'un thé.

lundi 9 février 2015

Le portugais sans peine

Querida Laurence,

Cette semaine, je t'écris depuis Porto où je passe une semaine de vacances. Le soleil est au rendez-vous mais l'humidité rend l'atmosphère incroyablement froide : malgré dix degrés de plus, j'ai plus froid qu'à Londres !
Bref, aujourd'hui je voulais donc te raconter comment je suis en train d'apprendre à parler le portugais.

Le Pourquoi

Tout d'abord, parlons des circonstances de ma motivation : comme tu le sais, mon compagnon de voyage, Daniel, a grandi au Portugal et parle parfaitement le portugais. À Londres, une majorité de ses amis sont eux aussi portugais, et il s'avère qu'ils sont devenus les miens, d'amis. Il me fait partager sa culture, en particulier son amour de Pessoa et de Saramago.
Il y a donc dans mon univers beaucoup d'incitations me poussant vers l'apprentissage de cette langue. Et, soyons honnête, j'adore apprendre de nouvelles langues, je n'ai pas besoin qu'on me pousse beaucoup pour retomber dans des listes de verbes irréguliers...
Mais ce qui m'a poussée définitivement vers le portugais, c'est que, contrairement à d'autres langues à moitié abandonnées en court de route, il y a pour celle-ci une haute probabilité que je puisse maintenir un contact régulier avec des lusophones.

Tâtonnements

Mon premier mouvement a été de me diriger vers les manuels scolaires français pour l'enseignement du portugais dans le secondaire. C'est une stratégie qui m'avait réussie pour le japonais : le Manekineko étant un manuel créé à la fois pour l'enseignement en classe et l'étude personnelle que j'avais adoré suivre.
Mais c'était là une erreur. Je me souvenais d'un manuel de portugais que j'avais catalogué à l'IUFM, sans me rappeler les détails de son contenu. En fait, il s'adressait spécifiquement aux classes de collège et s'est avéré inutilisable sans professeur.

J'ai donc décidé de mener l'enquête pour trouver une méthode adaptée à mes besoins et qui ne soit pas trop chère, ou qui soit disponible dans ma bibliothèque de quartier.
J'ai donc dû pénétrer le monde des méthodes en anglais, et c'est là que j'ai rencontré un autre problème : la majorité d'entre elles est orientée vers le brésilien plutôt que vers le portugais européen.
Je soupçonne qu'en France, les liens migratoires et culturels avec le Portugal rendent le problème moins présent. Mais le monde anglophones et définitivement plus lié avec le Brésil. Il m'a donc fallu opérer un tri méticuleux pour être sûre que la méthode que je choisirais porterais bien sur le portugais européen.
Quand j'ai demandé à Daniel la différence entre les deux, il m'a expliqué qu'elle est similaire à celle entre le français et le québécois... Quelque peu substantielle donc !

Méthodes


J'ai fini par trouver à la bibliothèque un manuel publié par BBC Active. Il était court, peu volumineux (et donc facile à transporter dans le métro), avec de nombreux exemples audios (très "my taylor is rich") et axé sur des situations que l'on peut rencontrer en tant que touriste.
J'ai adoré l'utiliser et j'ai trouvé que c'était là une excellente initiation. Mais je l'ai fini excessivement vite et il m'a donc fallu repartir en quête d'un autre manuel...

Mon second manuel est en fait une grammaire. Elle comporte 50 leçons bien découpées, et je suis encore loin de l'avoir finie !
Il est très ordonné et me permet de remettre dans l'ordre les petits bouts de grammaire mentionnés ça et là dans le volume précédent. Mais ce n'est pas qu'une grammaire : chaque unité propose du vocabulaire sur un thème de la vie quotidienne qui est repris dans les exemples.
Néanmoins, je le déconseillerais aux vrais débutants : il n'y a pas d'exemples contextualisés (une vraie conversation, quelques paragraphes de textes : ce sont toujours des phrases isolées) et pas de partie audio.

Pour aller plus loin

Je pense qu'après ce manuel-ci, je continuerais avec d'autres grammaires, car malgré la taille de l'ouvrage et ses cinquante leçons, il reste une initiation. Par exemple, on n'y aborde que le présent de l'indicatif, mais sous toutes ses coutures (vivent les verbes irréguliers !).

D'autre part, je compte bien commencer à aborder de vrais oeuvres portugaises (après tout, c'est bien Harry Potter qui m'a appris l'anglais !). J'ai commencé avec des albums pour enfants, et je me suis achetée O Anibaleitor de Rui Zink, que je vais commencer à lire avec l'aide de Daniel.

Côté cinématographique, outre les recommandations de Daniel, je compte m'attaquer à cette liste, publiée par le CRDP, de films de fiction et documentaires en portugais (et brésilien).

Bref, j'ai encore plein de choses à découvrir et beaucoup de travail devant moi !
Et toi, qu'apprends-tu en ce moment ?

Até logo,
- Aurélie

mercredi 28 janvier 2015

Women are Awesome #1 En moto avec Elspeth Beard

Ma chère Aurélie,

On s'était dit qu'il était bon de le rappeler : dans l'histoire du monde, à toutes les époques, tout le temps, on trouve des femmes cool et inspirantes, sur lesquelles on rêve de prendre de modèle.
Et que de ces héroïnes souvent ignorées, on parle trop peu souvent.
Une fois par mois, dans cette section du blog, on parlera donc d'une fille qu'on admire.

Et aujourd'hui, on parle d'Elspeth Beard, la motarde.


Au début des années 80, Elspeth Beard finissait des études d'architecture tout en travaillant dans un bar. On aurait pu croire au début d'une petite vie bien tranquille, n'étant ce virus de la moto, qu'elle avait depuis ses 16 ans, et qui l'a conduite à 24 ans à utiliser ses économies pour s'acheter une BMW et à s'organiser un tour du monde en moto.
Elle était la première femme à oser un tel voyage, presque sans argent (elle s'arrêtait régulièrement pour travailler dans les divers pays traversés, afin de poursuivre sa route).
A son départ, c'était une jeune anglaise de 65 kilos, en pleine santé, et animée par un vif désir de découverte : elle a traversé les Etats-Unis, l'Australie, la Thaïlande, l'Inde, l'Himalaya, la Turquie (alors dans une pesante ambiance post-révolutionnaire), et est revenue par l'Europe Centrale. Deux accidents, une sévère dysenterie et une hépatite ne l'ont pas arrêtée.


Elspeth était également une mécanicienne de talent : à force de réparations, faites toute seule, après chaque accident, elle aura quasiment reconstruit sa moto, et lui aura ajouté les grandes malles métalliques que l'on voit au-dessus.
A son retour à Londres, elle pesait 41 kilos, avait parcouru 88 000 kilomètres, et était partie 3 ans.
Bien qu'elle soit devenue architecte, aie élevé une famille, et connu une vie plus tranquille par la suite, elle continue à voyager en moto.
Sa BMW des années 80 est en pleine forme.