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lundi 11 mai 2015

Les élections britanniques pour les nulles

Chère Laurence,

Tu as sûrement vu les nouvelles. L'heure est grave. En voyant les sondages de sortie des urnes à 22 heures jeudi dernier, j'ai vaguement envisagé de me relocaliser à Édinbourg. Mais bon, ce serait un peu triste de quitter le navire si vite après y avoir embarqué. Ceci dit, si l'Écosse fait sécession, je reconsidèrerais ma position...

Bref, aujourd'hui, on va parler politique. Ça m'a pris un sacré moment avant de comprendre - en gros - comment fonctionne la scène politique britannique. Alors je voudrais te faire part de ce que j'ai pu démêler.

Les élections générales

Jeudi, donc, c'étaient les élections générales (#GE2015!!!). Ici, c'est un peu du deux en un : les parlementaires et les présidentielles du même coup. Les grands-bretons ont voté par petites zones géographiques (les "constituencies" - il y en a 650) pour élire leurs députés (les "MPs" pour "members of parliament", qui siègent dans la "House of Commons") un peu comme pour l'Assemblée Nationale chez nous.
C'est le leader du parti qui obtient la majorité (qui doit lui aussi avoir été élu dans son propre fief) qui devient premier ministre et constitue le gouvernement.

Le paysage politique

Avant d'aller plus loin, laisse moi te décrire le paysage politique britannique.

L'équivalent de l'UMP (en caricaturant), ce sont les conservateurs (ou Tories), menés par David Cameron.
Le Labour, c'est un peu l'équivalent du PS, en un peu moins à gauche. Il est mené par Ed Milliband.
Au centre, tu as un parti beaucoup plus petit, les LibDems (pour Liberal Democrats), menés par Nick Clegg.
À l'extrême droite, c'est l'UKIP avec Nigel Farrage, qui se concentre exclusivement sur la question de l'immigration et de la sortie de l'Europe. Leur image est un peu moins mauvaise que celle du FN. Et, de ce côté là de l'échiquier, tu as aussi le BNP (British National Party), mais il est encore plus petit.
Les verts (the Greens - comme tu l'auras deviné) ont pour leader une immigrée australienne, Natalie Bennett.

Enfin, comme le Royaume-Uni est une union, tu as des partis locaux. Sauf pour l'Angleterre, car comme tous les autres leaders sont anglais, il y a peu de doute quant au fait qu'ils défendront les intérêts spécifiques au pays.
Le plus important de ces partis "locaux", c'est le SNP (Scotland National Party), avec Nicola Sturgeon (nota bene : ici, Nicola est un prénom féminin).
Au Pays de Galles, tu as Plaid Cymru avec Leanne Wood.
Ces deux partis sont globalement plutôt à gauche.
Et il y a aussi un parti Nord Irlandais, plutôt à droite cette fois, mais on en a peu entendu parler pendant la campagne électorale.

À tout cela s'ajoute une foule de petits partis comme le "Cannabis is safer than alcohol party" (oui, oui, c'est vraiment leur nom).

Du coup, si tu as tout suivi, tous les leaders que j'ai nommés ont fait campagne comme pour nos présidentielles avec des débats télévisés et tout et tout. Sauf que les élections générales sont des élections parlementaires et que l'on vote pour les députés qui se présentent dans notre constituency.

Par exemple, même si j'aime beaucoup leur parti, je n'aurais pas pu voter pour le SNP car ils n'avaient des candidats qu'en Écosse (ce qui est un peu logique en même temps). (Et passons sur le fait que je n'ai pas voté du tout car il faut avoir la nationalité britannique pour pouvoir voter aux élections générales. Du coup... on verra pour la prochaine !)

Les élections de 2010

Maintenant, remontons à la précédente élection. 
En 2010, les Tories n'ont pas obtenu la majorité absolue (au moins 326 sièges) au parlement. Ils ont donc dû s'allier aux LibDems pour constituer un gouvernement de coalition. C'est comme ça qu'on a obtenu David Cameron en premier ministre et Nick Clegg en vice-premier ministre. Je te laisse jeter un oeil aux chiffres.
Conservateurs : 307 sièges
Labour : 258
LibDems : 57
SNP : 6
Plaid Cymru : 3
Greens : 1
UKIP : 0
 (Je ne te mets pas tous les autres petits partis pour limiter la confusion... Mais tu peux voir tous les détails là.)

Et voici la carte issue de cette élection là (merci Wikipedia).
En bleu les Tories, en Rouge le Labour, en jaune un peu foncé le SNP, en jaune un peu plus clair les LibDems (oui oui, c'est bien pratique), et le mini point vert à Brighton, ce sont les Greens.
Comme on peut s'y attendre, ce mandat s'est soldé de fortes coupes budgétaires sur toutes les questions sociales (en particulier concernant le système de santé - le NHS). Et tu auras sûrement noté dans notre presse pro tous les appels à l'aide de bibliothèques publiques menacées de fermeture, voire définitivement fermées.
Mais cette coalition a aussi bénéficié d'une reprise économique qui a permis une réduction de la dette du pays.

L'an dernier, deux évènements politiques ont fait bouger les lignes.

Premièrement, les élections européennes ont vu une victoire terrible de l'UKIP (qui veut sortir de l'Europe...).
Deuxièmement, un référendum s'est tenu en Écosse sur la question de l'indépendance. Le vote était plutôt serré, mais l'indépendance à été rejetée.

Les élections de 2015

Bref, tout ceci était peut-être un long préambule, mais j'espère que ça va t'aider à mettre en perspective ce qui s'est passé jeudi dernier.

Les britanniques sont donc allés aux urnes. Et à 22 heures, à la fermeture des bureaux de votes, nous avons eu droit à de premières estimations (qui n'étaient pas tout à fait juste, mais c'est un autre débat). Ce n'est que vendredi dans l'après-midi que les derniers résultats officiels de la dernière constituency sont tombés (et oui, ça prend du temps de compter les bulletins...). 
Je t'épargne la narration de cette longue nuit électorale. Ce sont ces résultats officiels que je vais te présenter maintenant.
Tories : 331 sièges
Labour : 232
SNP : 56
LibDems : 8
Plaid Cymru : 3
Greens : 1
UKIP : 1
Encore une fois je ne mentionne pas les autres partis, alors si tu veux tous les détails, tu peux aller voir ici.

Cette fois-ci, les Tories ont la majorité absolue, ils vont donc pouvoir gouverner cinq années de plus, mais sans besoin de coalition cette fois.
En gros : ça va barder pour le NHS et les autres prestations sociales. On aura aussi droit à un référendum pour savoir si le Royaume-Uni veut rester dans l'Union Européenne, et les conditions de cette participation seront de toutes façons très certainement remises en cause.
C'est tout à fait exceptionnel de voir le parti sortant, avec la même tête de file, se trouver renforcé après cinq ans de pouvoir. Et franchement, personne ne s'y attendait. On pensait tous que les résultats seraient beaucoup plus serrés et qu'il y aurait un autre gouvernement de coalition - d'un bord ou de l'autre.

Mais le véritable coup de tonnerre vient d'ailleurs.

Le design est différent, mais la légende est la même que pour la carte ci-dessus.
Encore une fois, merci Wikipedia.
C'est l'Écosse qui a viré jaune. Et cette fois-ci, ce ne sont pas des LibDems.
Après les élections précédentes, les sièges écossais se répartissaient entre le Labour, les LibDems, et le SNP. Cette fois-ci, le SNP a récolté 56 des 59 sièges disponibles dans le pays. Du jamais vu.
Nicola Sturgeon a répété à mainte reprise qu'elle ne faisait pas campagne pour un nouveau référendum d'indépendance. D'ailleurs, rappelle toi, moins de 50% des écossais étaient pour.
Mais cette victoire démontre très certainement que les écossais (qui ont déjà énormément de pouvoir sur leur propre pays, comparé au Pays de Galles et à l'Irlande du Nord) veulent encore plus de pouvoir et d'indépendance.

Les écossais ont donc contribué au grignotage des parts du Labour. Mais même en mettant bout à bout les sièges obtenus par ces deux partis, ils n'auraient pas eu la majorité. Le Labour a perdu de nombreuses constituencies qui sont passées directement dans les mains des Tories. C'est une défaite électorale magistrale. En conséquence, Ed Milliband a démissionné de sa position de chef de parti.

Mais pas aussi magistrale que la défaite du LibDem. Ils sont passés de 57 à 8 sièges. Belle claque. Nick Clegg sort donc du gouvernement et démissionne lui aussi de la tête de son parti.

Enfin, les verts se maintiennent gentiment à Brighton.

Et l'UKIP a gagné un siège. Mais Farrage n'a pas réussi à entrer au parlement. Du coup, pouf, démission. (Enfin, juste pour l'été, avant les élections internes au parti. Faut pas pousser quand même.)

Bref...

L'avenir semble bien sombre pour qui se préoccupe de la protection des plus vulnérables et de l'équité sociale.
Tu peux t'attendre à me voir te relater mes prochaines manifs pour la défense du NHS, la fin de l'austérité, et pour dénoncer les conditions inhumaines dans lesquelles sont détenus les immigrés "illégaux", parqués dans des centres de détentions gérés par des entreprises privées, un peu partout au Royaume-Uni.
La routine habituelle quoi.

Et puis, qui sait, j'irais peut-être visiter l'Écosse, juste histoire de voir si l'herbe y est un peu plus verte... (Ou jaune. Ou rouge.)


lundi 6 avril 2015

In love with Hedwig

Chère Laurence,

J'avais prévu de te raconter comment, après une petite semaine à peine, je suis imbattable pour m'orienter dans Manhattan, comment, après un moment de confusion, je suis devenue une adepte des rues numérotées par ordre croissant, comment j'indique leur chemin aux autres touristes, et comment New York a déjà un petit goût de "chez moi".
Je voulais aussi te décrire ce sentiment étrange en découvrant une ville qu'on a l'impression de connaître déjà. Parce qu'elle fait l'objet de tant de descriptions et de fantasmes. Mais aussi parce qu'elle est si proche de nos capitales européennes. Du coup, tout semble normal, mais juste un peu décalé. Les passants pressés pourraient être des parisiens stressés. Les rues sont juste un peu plus pleines de voitures, un peu plus riches en taxis jaunes et en hummers si hauts que je n'arrive pas à voir le visage des conducteurs. Le réseau de métro est aussi grand que celui de Londres, et aussi sale que celui de Paris - mais les différentes directions sont juste un peu moins bien indiquées.

Bref, chère Laurence, je ne parlerais pas de tout ça, car tout à changé samedi soir. Laurence, I am in love. C'est du sérieux. I'm completely smitten. Je ne pense plus qu'à elle et je chantonne son nom dans mon sommeil...
Samedi, on est allés voir Hedwig and the Angry Inch. C'était une débauche de flashs et de guitares saturées, de fourrures, perruques et paillettes. Hedwig était interprétée (pour l'une de ses toutes dernières représentations apparemment), par John Cameron Mitchell qui était fa-bu-leux. Accompagné par la toute aussi fabuleuses Lena Hall. J'ai été émue et captivée, et j'ai eu l'impression de me transformer en fan dès les premières notes de la première chanson.
Je te laisse donc en musique, car Hedwig saura mieux te dire tout ça que moi. (Et avec Neil Patrick Harris, just because.)


- Aurélie

jeudi 2 avril 2015

Lien : Londres, une ville pleine de mystères

Hello chère Aurélie,
Hello où que tu sois, en train d'essayer de te faire embaucher à la New York Library ou de déguster un sandwich au pastrami. J'espère que ton séjour se passe bien, que les New yorkais seront aussi merveilleux que dans la série Broke Girl et que tu reviendras en grande forme.

Paris est éclairé par un beau soleil printanier (ce qui nous change de ce proverbial nuage de pollution de la semaine dernière), et cela réveille chez moi de folles envies de psychogéographie.

Or, il se trouve que cette belle discipline a été inventée par des Londoniens, et il y a une raison : partout où l'on pose le regard, si l'on ne contente pas des magasins et de l'activité bourdonnante, le passé affleure.




Le journaliste Peter Watts le sait pertinemment, et s’intéresse aux traditions de sa ville sous toutes leurs formes. En lisant son blog, tu apprendras à regarder sous les grilles d'aérations pour y voir d'anciennes rues enterrées, tu découvriras les boutiques les plus authentiques (et les plus étonnantes)plus jamais tu ne regarderas ton A to Z (complément vital du sac à main Londonien) comme avant...

Comment ça tu es déjà occupée à New York ?
Allez, Hop !

PS : Je te souhaite de très, très bonnes vacances, et de belles photos à nous montrer :-)

lundi 30 mars 2015

De l'art de faire sa valise

Chère Laurence,

À l'heure où tu lis ces mots, je suis probablement en train de mener la belle vie dans les rues de New York.
À l'heure où je les écris, par contre, je suis sur le point de mettre la touche finale à ma valise.

Pour moi, faire sa valise, ça fait intégralement partie des vacances. J'adore ça. Oui, je sais, je dois sûrement être la seule...
Mais le truc, c'est qu'on se projette déjà dans l'univers de nos vacances, et tout le plaisir est dans l'anticipation.

On n'oublie rien, de rien...

On va faire rentrer tout ça dans un bagage en soute et un bagage à main...
En préparation à mes valises, je fais parfois des listes, surtout pour les trucs que j'ai peur d'oublier parce qu'ils ne sont pas forcément posés en évidence (c'est à dire : le passeport, le chargeur du téléphone, mon carnet de voyage, mes chaussures de sport...) mais, en règle général, je gère désormais suffisamment bien pour m'en passer.
Histoire d'être efficace et de ne rien oublier, je fais tout simplement le tour de ma chambre (et de la salle de bain), et j'empile les choses à emmener sur mon lit. Rien de plus facile.
Je compte le nombre de types de vêtements à emmener (pour les culottes et les chaussettes, la formule n = nombre de jours passés sur place x 1,2 - arrondit à l'entier supérieur - ne m'a jamais fait défaut), et c'est parti.

L'empaquetage

Mission accomplie !
Le truc bien avec ma technique de tout mettre sur le lit d'abord, c'est qu'ensuite on peut empaqueter ra-tio-nel-le-ment. Quiconque a jamais joué à tetris peut faire rentrer ses affaires dans sa valise. Mais c'est plus pratique si on sait à l'avances quelles sont les briques qui vont tomber.
Du coup, on met les gros trucs encombrants au fond, on rempli les trous avec des petits vêtements et on fini par les items qui doivent être bien à plat (comme les jeans et les chemises) sur le dessus. Fastoche !

Le bagage à main

Le contenu de mon sac à main
Le secret du bagage à main, c'est de l'empaqueter comme si on partait en week-end. J'y mets a minima des vêtements pour deux jours et mon pyjama. Comme ça, si ton bagage en soute s'égare, tu n'as pas à passer ton temps à l'attendre dans tes habits de la veille... 

Pour mon sac à main, je garde le strict nécessaire (d'ailleurs, pour ce voyage-ci, je prends mon petit sac à main bleu pour être sûre de ne pas me laisser emporter à l'idée de prendre trois bouquins de plus...).
Dans l'image ci-dessus, tu peux voir que j'emporte :
  • De la lecture (bien entendu !)
  • Mon carnet et des stylos
  • Téléphone, écouteurs et chargeur
  • Passeport et portefeuille
  • Mon étui à lunette avec de quoi enlever mes lentilles au cas où
Gros fail par contre : j'ai oublié d'acheter un adaptateur pour les prises US... Il ne faut pas que j'oublie d'en prendre un à l'aéroport !

Pour les habits, j'essaie de mettre les plus confortables que je possède (mais qui soient portables en public), en particulier si c'est pour un vol de nuit. En plus, j'ai toujours une longue écharpe qui peut me servir de coussin ou de plaid au besoin.

Voilà, je t'ai tout raconté !
Je ne sais pas si j'aurais le temps de t'écrire plus avant pendant les deux prochaines semaines, mais j'essaierais de te donner des nouvelles très vites !

- Aurélie

lundi 23 février 2015

Oxford, ville fantasmée

Chère Laurence,

Samedi dernier, je suis allée me promener dans la ville d'Oxford. Pour moi (comme pour beaucoup, sûrement, vue la quantité de touristes dans les rues), c'est une ville de fantasmes plus qu'une ville réelle. Enfin, c'est même difficilement une ville : c'est surtout la troisième université la plus ancienne d'Europe (après Bologne et la Sorbonne), qui se vante d'avoir eu pour élève 26 premiers ministres britanniques, 50 prix Nobel, et 120 médaillés olympiques. C'est un synonyme d'excellence, mais aussi de richesse et de snobisme. De traditions, amusantes ou rétrogrades. Et puis il y a Harry Potter.
 
"Divinity school", un hall de la Bodleian Library (aka l'infirmerie dans Harry Potter) (par Beth Hoffman).
Comme il m'est difficile de résister à l'attrait du bibliotourisme, je suis bien entendue allée visiter la Bodleian Library. Ils organisent des visites guidées à tours de bras, et je m'attendais à en prendre plein la vue niveau livres anciens et reliures originales. Mais le problème, c'est que les guides sont tout sauf des bibliothécaires. En une heure, on a eu droit à 50 minutes de blabla sur l'histoire de l'université et la construction des bâtiments. Et 10 minutes en présence des collections. Sans de véritable explication sur leur contenu, leur valeur, leur classification. Belles rangées de livres, certes, mais très frustrant de ne pouvoir en apprendre plus, même en cuisinant le guide ("ahah, if I were to tell you that... I would have to kill you!" - la réplique qui tue pour se débarrasser des questions embarrassantes).
En gros, tout ce que j'ai retenu, c'est que la bibliothèque et l'un de ses halls ont servi de set pour filmer les Harry Potter. Apparemment, c'est plus important que les Bibles de Gutemberg. Vas donc savoir.

Grâce à sa carte magique (prouvant qu'elle travaille pour l'université), l'amie qui nous faisait visiter a pu nous montrer l'intérieur de quelques collèges. Bâtiments anciens (plus quelques vestiges d'architecture des années 60, hideuse, ça et là), cours intérieures avec gazon entretenu au millimètre, chapelles absolument partout (apparemment, chaque collège a son chapelain, mais les chapelles servent surtout aux répétitions musicales...), on a même pu faire le tour d'une salle à manger toute en marqueterie, ornée de portraits à l'huile, pour les dîners formels (en toge et tout et tout) qui se tiennent plus ou moins fréquemment en fonction des collèges.
Bref, ça entretient le mythe et ça fait un peu rêver.
 
La table des profs dans la salle à manger de Trinity College (l'un des collèges où, le dîner en toge, c'est tous les soirs) (par Winky).
Je te parle de collèges, peut-être faut-il un peu préciser : ce sont des structures autonomes où les étudiants sont hébergés et étudient, avec chacun leur histoire, leurs alumnis célèbres, leurs traditions. Un peu comme les "maisons" dans Harry Potter.
Mais les enseignements en eux-mêmes se font dans les différentes facultés. Du coup, les étudiants se retrouvent avec deux types de camarades : leurs camarades de classe au sein de leur faculté, et d'autres camarades venant de diverses disciplines au sein du collège. Plutôt sympa.
Il y a une quarantaine de collèges en tout. Certains sont de "première classe", d'autres de "seconde classe", en fonction de leur prestige. Sauf que ce n'est marqué nulle part : il faut le savoir.
Et c'est là que les ennuis commencent. Les critères pour entrer dans les collèges sont ultra-flous. Ce qui peut donner lieu à n'importe quel type de débordement. En gros, ce qu'on m'expliquait, c'est que s'il est dans la tradition de ta famille d'étudier dans tel collège, tu ne devrais pas avoir de problème. Si ce n'est pas le cas... Ça va être plus compliqué.

Parce que c'est là tout le problème d'Oxford. C'est une ville de cliques et de fric. Chacun défend bec et ongles les intérêts de son propre groupe. La mixité sociale est relativement réduite. En fonction des collèges, l'ambiance varie beaucoup, mais partout flotte une étouffante odeur fin de règne.
Bref, mes fantasmes Oxfordiens ont tourné court. Je ne pense pas que je survivrais longtemps dans ce genre d'environnement. Les collections de la Bodleian ont beau être belles... Ça ne fait pas tout.
Et toi, qu'en penses-tu ?

- Aurélie


vendredi 13 février 2015

Le lien du vendredi #6 : Porto Photography Guide

Chère Laurence,

Je voudrais te faire découvrir Porto plus avant via un blog que je viens tout juste de découvrir : Porto Photography Guide.


La personne qui tient le site photographie Porto sous tous ses angles et nous fait découvrir tout un tas de lieux incroyables.
Tous les articles sont écrits en portugais et traduits en anglais en bas de page. Du coup, n'hésite pas à scroller pour en apprendre plus sur les beautés de cette ville.

Je ne t'en dis pas plus et je te laisse découvrir le site !

- Aurélie

lundi 9 février 2015

Le portugais sans peine

Querida Laurence,

Cette semaine, je t'écris depuis Porto où je passe une semaine de vacances. Le soleil est au rendez-vous mais l'humidité rend l'atmosphère incroyablement froide : malgré dix degrés de plus, j'ai plus froid qu'à Londres !
Bref, aujourd'hui je voulais donc te raconter comment je suis en train d'apprendre à parler le portugais.

Le Pourquoi

Tout d'abord, parlons des circonstances de ma motivation : comme tu le sais, mon compagnon de voyage, Daniel, a grandi au Portugal et parle parfaitement le portugais. À Londres, une majorité de ses amis sont eux aussi portugais, et il s'avère qu'ils sont devenus les miens, d'amis. Il me fait partager sa culture, en particulier son amour de Pessoa et de Saramago.
Il y a donc dans mon univers beaucoup d'incitations me poussant vers l'apprentissage de cette langue. Et, soyons honnête, j'adore apprendre de nouvelles langues, je n'ai pas besoin qu'on me pousse beaucoup pour retomber dans des listes de verbes irréguliers...
Mais ce qui m'a poussée définitivement vers le portugais, c'est que, contrairement à d'autres langues à moitié abandonnées en court de route, il y a pour celle-ci une haute probabilité que je puisse maintenir un contact régulier avec des lusophones.

Tâtonnements

Mon premier mouvement a été de me diriger vers les manuels scolaires français pour l'enseignement du portugais dans le secondaire. C'est une stratégie qui m'avait réussie pour le japonais : le Manekineko étant un manuel créé à la fois pour l'enseignement en classe et l'étude personnelle que j'avais adoré suivre.
Mais c'était là une erreur. Je me souvenais d'un manuel de portugais que j'avais catalogué à l'IUFM, sans me rappeler les détails de son contenu. En fait, il s'adressait spécifiquement aux classes de collège et s'est avéré inutilisable sans professeur.

J'ai donc décidé de mener l'enquête pour trouver une méthode adaptée à mes besoins et qui ne soit pas trop chère, ou qui soit disponible dans ma bibliothèque de quartier.
J'ai donc dû pénétrer le monde des méthodes en anglais, et c'est là que j'ai rencontré un autre problème : la majorité d'entre elles est orientée vers le brésilien plutôt que vers le portugais européen.
Je soupçonne qu'en France, les liens migratoires et culturels avec le Portugal rendent le problème moins présent. Mais le monde anglophones et définitivement plus lié avec le Brésil. Il m'a donc fallu opérer un tri méticuleux pour être sûre que la méthode que je choisirais porterais bien sur le portugais européen.
Quand j'ai demandé à Daniel la différence entre les deux, il m'a expliqué qu'elle est similaire à celle entre le français et le québécois... Quelque peu substantielle donc !

Méthodes


J'ai fini par trouver à la bibliothèque un manuel publié par BBC Active. Il était court, peu volumineux (et donc facile à transporter dans le métro), avec de nombreux exemples audios (très "my taylor is rich") et axé sur des situations que l'on peut rencontrer en tant que touriste.
J'ai adoré l'utiliser et j'ai trouvé que c'était là une excellente initiation. Mais je l'ai fini excessivement vite et il m'a donc fallu repartir en quête d'un autre manuel...

Mon second manuel est en fait une grammaire. Elle comporte 50 leçons bien découpées, et je suis encore loin de l'avoir finie !
Il est très ordonné et me permet de remettre dans l'ordre les petits bouts de grammaire mentionnés ça et là dans le volume précédent. Mais ce n'est pas qu'une grammaire : chaque unité propose du vocabulaire sur un thème de la vie quotidienne qui est repris dans les exemples.
Néanmoins, je le déconseillerais aux vrais débutants : il n'y a pas d'exemples contextualisés (une vraie conversation, quelques paragraphes de textes : ce sont toujours des phrases isolées) et pas de partie audio.

Pour aller plus loin

Je pense qu'après ce manuel-ci, je continuerais avec d'autres grammaires, car malgré la taille de l'ouvrage et ses cinquante leçons, il reste une initiation. Par exemple, on n'y aborde que le présent de l'indicatif, mais sous toutes ses coutures (vivent les verbes irréguliers !).

D'autre part, je compte bien commencer à aborder de vrais oeuvres portugaises (après tout, c'est bien Harry Potter qui m'a appris l'anglais !). J'ai commencé avec des albums pour enfants, et je me suis achetée O Anibaleitor de Rui Zink, que je vais commencer à lire avec l'aide de Daniel.

Côté cinématographique, outre les recommandations de Daniel, je compte m'attaquer à cette liste, publiée par le CRDP, de films de fiction et documentaires en portugais (et brésilien).

Bref, j'ai encore plein de choses à découvrir et beaucoup de travail devant moi !
Et toi, qu'apprends-tu en ce moment ?

Até logo,
- Aurélie